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BONNETEURS
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DANY-TRICK464

LES BONNETEURS
Le bonneteur est un escroc de jeux, qui rafle l'argent des naïfs, à l'aide d'un jeu dit bonnet, cri ou bonneteau, qui se joue à l'aide de trois cartes, deux rouges et une noire. Ces cartes tournées face en dessous, sont déplacées par le tenancier, bonneteur, ou bonichon, ou teneur, qui les trans¬pose après les avoir préalablement montrées. Le gogo qui se laisse entraîner à jouer gagne s'il indique l'exacte position de la carte rouge, perd s'il se trompe dans sa désignation.
Dès les premier coups, le pante est amorcé d'une part par des compères du bonneteur, des allumeurs, qui gagnent invariablement, et aussi par l'envoi opportun d'une « vanne à sesig », c'est-à-dire une passe directe, où l'individu le plus myope n'aurait aucune peine à retrouver la position de la carte rouge, sur laquelle se récupère le gain.
Tel est le mécanisme du jeu de bonneteau. Exercé primitivement par des individus à l'aspect vulgaire, aux abords des champs de course ou dans les terrains vagues voisins des fortifs, il a aujourd'hui ses artistes, ses grands metteurs en scène. De mise correcte, ils travaillent dans les grands durs, ou trains à grande vitesse ramenant les riches étrangers en France. L'équipe comprend le teneur et des contres ou barons, ses complices, qui, montés dans le même compartiment, n'ont pas l'air de le connaître. Le teneur, après avoir annoncé un jeu « nouveau, franc et loyal, le pampignolo de salon », étale ses cartes, s'adresse à L'un, à l'autre, sans succès ; puis l'un des barons se détermine à risquer un coup : c'est l'allumage. Les barons, un à un jouent, engrènent les voyageurs candides qui n'ont pu résister au plaisir de donner un conseil, qu'on relève par un défi et les voilà pris dans la partie. L'amour-propre et l'amour du gain s'en mêlant, le jeu marche d'un train d'enfer, et il n'est pas rare qu'à la descente du train, l'infortuné gogo ne soit soulagé de la plus grande partie de son avoir. S'aperçoit-il qu'il est victime d'une bande et essaie-t-il de s'échapper que les bandits savent l'en empêcher. Heureux encore, si leur apparaissant un pante « trop durillon » l'idée ne leur vient pas de le précipiter par la portière. Tels prétendus accidents de chemin de fer n'ont pas d'autre origine qu'un crime commis par des bonneteurs dans ces conditions.